Moteur de Citroën 2CV

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Moteur Citroën 2 CV
Moteur de Citroën 2CV

Marque Drapeau : France Citroën
Années de production 1948 - 1990

Le moteur de Citroën 2 CV est un moteur thermique automobile à combustion interne, essence quatre temps, avec deux cylindres à plat de type flat-twin alésés directement dans le bloc en fonte, refroidi par air, doté d’un vilebrequin à deux paliers, avec arbre à cames en bas moteur (avec culbuteurs et tiges de culbuteurs), commandé par une distribution par pignons, avec deux culasses en aluminium, quatre soupapes en tête, développé et produit par Citroën à la fin des années 1940 pour équiper la Citroën 2 CV. De conception simple, il a disparu avec les dernières 2 CV en 1990, l'investissement nécessaire pour le mettre aux normes anti pollution ayant été jugé excessif[1]. Ainsi, près de dix millions de voitures ont été propulsées par ce petit moteur.

Choix de conception

Lorsque le projet d'une voiture pour tous a été lancé, vers les années 1930, le choix d'un moteur devait être en accord avec la philosophie de l'ensemble : simple, robuste, fiable, économique.

La décision d'adopter une puissance administrative de 2 CV est une contrainte sévère sur la conception : d'entrée elle limite la cylindrée à moins de 500 cm3, ce qui restreint le nombre de cylindres à deux, en raison des frottements.

L'utilisation par tout temps et toute condition climatique pose certains problèmes pour le refroidissement liquide (gel de l'eau à basse température), ce système consomme plus d'énergie du fait de la présence d'une pompe à eau (pertes mécaniques). Le refroidissement par air est, a contrario peu coûteux à la réalisation et à l'entretien. L'efficacité du refroidissement est meilleure si les cylindres sont séparés, en l'occurrence opposés.

Au début du projet, les premiers prototypes de la TPV en essai sur les pistes du centre de la La Ferté-Vidame, étaient mus par des moteurs empruntés à des motocyclettes. Ce choix temporaire a certainement influencé les ingénieurs de Citroën, en particulier Walter Becchia qui a dressé les plans du moteur définitif qui aurait été inspiré de la propre moto BMW R12 du designer Flaminio Bertoni. Cependant le moteur de la moto était à soupapes latérales et refroidissement par air, alors que celui, définitif, de la TPV, était à soupapes en tête et refroidissement liquide, 325 cm3 et 8 ch à 3 200 tr/min.

La TPV nommée officiellement « 2 CV » lors de son homologation le 28 août 1939, a été produite à 250 exemplaires de présérie, jamais vendus du fait de la déclaration de la guerre. Ces 2 CV ont toutes été détruites à cinq exemplaires près, quatre conservés dans un grenier du centre d'essais Citroën de la Ferté Vidame et redécouverts en 1994, une camouflée en pick up chez Michelin.

Les premières 2 CV sortent finalement en 1949 avec carrosserie acier (en aluminium sur les TPV/2 CV de 1939), et avec un moteur à refroidissement par air forcé de 375 cm3, développant 9 ch. L'auto ne va pas vite (65 km/h) mais rencontre le succès populaire attendu. La puissance sera progressivement augmentée, soit en modifiant le taux de compression, soit la cylindrée, ou encore la carburation.

Avec une cylindrée à 602 cm3, la puissance administrative passe à 3 CV [2]. Toutefois, même avec ce moteur 602 cm3 développant 29 ch DIN, la 2 CV garde, y compris officiellement, son nom d'origine. La dernière évolution de ce moteur concernera les Visa et LNA qui afficheront 4 CV avec un moteur de 652 cm³ pour 35 ch DIN, et avec des améliorations techniques significatives (allumage électronique intégral, cylindres en aluminium revêtus de Nicasil, carburateur dépollué et vilebrequin soutenu par trois paliers) qui ont permis une importante réduction de la consommation spécifique de carburant.

Chez Panhard, le moteur de 848 cm3, appelé « tigre » dans sa version la plus puissante (60 ch SAE soit environ 50 ch DIN), équipant les Panhard PL 17 et 24 CT et BT, était apprécié des bricoleurs amateurs qui, dans les années 1960, l'adaptaient sur les 2 CV.

Panhard a associé jusqu'à six blocs en un pour former le 12-cylindres de 200 ch du char Panhard EBR (Engin blindé de reconnaissance), et a également construit un 4-cylindres de 90 ch pour motoriser le char Panhard AML 60 et projetait également d'équiper ses voitures avec ce même bloc, mais s'est vu opposer un refus par la direction de Citroën, propriétaire de la marque, notamment parce que ce constructeur finalisait le moteur des GS à arbres à cames en tête, plus simple et plus robuste, mais nettement moins performant (65 ch en version 1 300 cm3)

Description détaillée

Flat-twin 2 CV (moteur 602 cm3). Ouvert, un demi carter ayant été retiré, avec son cylindre et son piston, on aperçoit le vilebrequin avec une bielle libre, et en dessous, l'arbre à cames commandés par l'engrenage. Le disque plat dépassant du carter est la crépine de la pompe à huile.

Constitution mécanique

Le bloc-moteur est en aluminium. Il s'ouvre en deux parties quasiment symétriques. Le vilebrequin à deux paliers est constitué de cinq pièces en acier frettées, et incluant les bielles (liées par la tête aux manetons). De ce fait, l'embiellage est indémontable. La culasse hémisphérique est en alliage léger, soupapes en tête disposés en « V ».

Les deux cylindres, non chemisés, en fonte, sont rapportés au carter, et sont maintenus avec leur culasse par trois goujons. L'étanchéité ne concernant que l'isolement du circuit d'huile (pas d'eau), il n'y a pas de joint de culasse. Un dispositif à reniflard maintient la pression interne du moteur à une valeur inférieure à la pression atmosphérique, ce qui participe à l'étanchéité de l'ensemble.

Son alésage étant de diamètre toujours supérieur à la course des pistons, il entre dans la catégorie des moteurs dits super-carrés.

Distribution

La distribution est obtenue par arbre à cames en bas moteur, entraîné par des pignons. Il est synchronisé au vilebrequin par un engrenage de raison 1/2 avec rattrapage de jeu. Les soupapes (deux par cylindre) sont commandées via des poussoirs agissant sur les culbuteurs.

Alimentation

  • Alimentation par carburateur.
  • Fonctionnement à l'essence ordinaire, puis au « Super » pour les 602, et au « sans plomb » (à partir de 1987).

Refroidissement et lubrification

Le moteur est lubrifié par circulation forcée d'huile. Une pompe en bout d'arbre à cames propulse l'huile à travers les paliers jusqu'au niveau de la culasse. Un radiateur d'huile vient compléter le dispositif de refroidissement.

Le refroidissement est direct[3] à air pulsé par une turbine de six à neuf pales placée en bout d'arbre moteur ; une conduite forcée envoie l'air sur les ailettes des cylindres. L'évacuation de l'air chaud peut se faire, directement sur l'extérieur, ou bien par l'habitacle. C'est la solution retenue pour le chauffage en hiver. Les gaines de raccordement étaient en feutre sur le modèle de 1949. Sur les derniers modèles, il s'agissait de manchons en mousse et renforcés en carton.

Échappement

La ligne d'échappement diffère sur les modèles, et contribue pour beaucoup au bruit si caractéristique des 2 CV. Avec le 375 et le 425, la ligne d'échappement est très courte et se termine sous la boîte de vitesses par un pot (appelé deux en un) relié directement aux sorties des cylindres.

Sur les modèles plus récents, elle se prolonge jusqu'à l'arrière du véhicule, en passant par un pot de détente, réduisant le bruit. La sortie finale est devant la roue arrière gauche pour les fourgonnettes (2 CV et Acadiane) et les Méharis, mais reportée à l'arrière du véhicule pour les autres modèles.

Allumage

Bobine d'allumage d'une 2 CV moderne moteur 425 et 602. On distingue, à gauche, les bornes d'alimentation (plus petites) et de part et d'autre, les deux connexions des fils de bougie.

L'allumage est dans l'esprit de la simplicité annoncée. Alors qu'un multicylindre exige un dispositif de distribution de l'allumage, pour ce moteur, il a été envisagé un allumage en série des deux bougies. Une étincelle est commandée à chaque tour dans les deux chambres, une alors en phase avec le cycle à quatre temps déclenchant l'explosion, l'autre en opposition de phase, tombant en fin d'échappement. Ceci simplifie la commande qui s'apparente à celle d'un monocylindre. En l'occurrence, elle est assurée par une came à deux lobes liée à l'arbre à cames et agissant sur un rupteur. La bobine est alors raccordée aux deux bougies.

Sur la 2 CV, le système de commande par rupteur n'avait pas une grande durée de vie. On devait alors remplacer le rupteur, et surtout le condensateur tous les 20 000 km environ ; les deux éléments étant vendus non séparés, il était raisonnable de changer l'ensemble, le tout se trouvant derrière le ventilateur et nécessitant un peu moins d'une heure de travail.

Aujourd'hui, de nombreux fournisseurs proposent des dispositifs électroniques — ce que Citroën n'a jamais fait — assurant la gestion de l'allumage, soit en remplaçant globalement le dispositif à rupteur et condensateur, soit en assistant la génération d'étincelle. L'une ou l'autre des solutions apportant une plus grande fiabilité de fonctionnement et augmente la tension d'allumage. Ces modèles s'intègrent, au sein du moteur, à la place du boîtier d'allumage d'origine.

Schéma électrique du dispositif d'allumage.

Équipement électrique

  • Dynamo 220 watts sur véhicules en V (jusqu'en 1970) monté directement sur l'arbre moteur.
  • Alternateur 270 watts sur véhicules en 12 V (à partir de 1968). Déporté et animé par système de poulie et courroie.

Emploi des moteurs

Cylindrée 375 cm3 425 cm3 425 cm3 435 cm3 602 cm3 602 cm3 602 cm3 602 cm3 652 cm3 652 cm3
Puissance Fiscale 2 CV 2 CV 2 CV 2 CV 3 CV 3 CV 3 CV 3 CV 3 CV 3 CV
Référence A A53 A79 A79/1 M4 M28/1 (AK2) M28 (AM2) AM2A V06/630 V06/644
Alésage x course (en mm) 62 x 62 66 x 62 66 x 62 68,5 x 59 74 x 70 74 x 70 74 x 70 74 x 70 77 x 70 77 x 70
Rapport volumétrique 6,2 6,25 7,5 8,5 7,75 8,5 9 9 9,1 9,5
Puissance maximale 9 ch DIN 12, 12,5, 13,5, 15 et 18 ch DIN 21 ch DIN 26 ch SAE 25,5 ch DIN 28 ch DIN 32 ch DIN 29 ch DIN 36 ch DIN 34,5 ch DIN
régime Pmax 3 500 tr/min 4 000 tr/min 5 450 tr/min 6 750 tr/min 4 750 tr/min 5 000 tr/min 5 750 tr/min 5 750 tr/min 5 500 tr/min 5 500 tr/min
Masse kg kg kg kg 66 kg 66 kg 66 kg 66 kg kg kg
Carburateur Solex 22 Z

ACI (inversé)

Solex 26

BCI

Solex 32

PICS

Solex 34

PICS

Solex 30 PBI

Solex 40 PICS

Solex 34

PICS

Solex 26-35

SCIC ou CSIC

Solex 26-35

SCIC ou CSIC

Solex 26-35 Solex 26-35
Années 1949-1954 1954-1967 1967-1968 1968-1979 1961-1968 1968-1975 1968-1983 1983-1990 1978-1988 1983-1988
Particularité Pas de filtre à huile, pas de mano-contact de pression d'huile, grille de ventilateur trois branches, cache culbuteurs en tôle Pas de filtre à huile Filtre à huile à partir de novembre 1969 Sans plomb Allumage électronique Allumage électronique
Véhicules concernés 2 CV : A 2 CV : AZ, AZU Dyane 4 : AYA, AZAM 2 CV4 : AZA2
Dyane 4 : AYA2
Ami 6
2CV AZAM 6
Dyane 6 : AYA3
2 CV : AKB, AZKA
Dyane 6 : AYB
Ami et Dyane 6 :
AM2, AM3 LN
2 CV,
Acadiane
Visa, LNA Visa, LNA
Vitesse maximale 65 km/h 85 à 90 km/h 95 km/h 102 km/h 105 km/h 110 km/h 120 km/h 115 km/h 127 km/h 125 km/h

Variations

  • Moteur de GS (4 cylindres)
  • Moteur de Visa et LNA (652 cm3)
  • Montage sur les motos MF.

Notes

  1. Cependant quelques bricoleurs y sont parvenus sans difficulté en y adaptant une injection électronique en kit (Megaskirt) et un catalyseur.
  2. « 3 CV » étant alors le nom adopté par le public pour l'Ami 6, première à en être équipée.
  3. Le refroidissement par eau est en réalité aussi un refroidissement par air. L'eau est alors une vecteur de calories puisées au cœur du moteur pour être rejetées au niveau du radiateur : l'air constitue donc la source froide.

Liens externes